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Christian Caujolle

La question silencieuse de Hicham Benohoud

 

"Tout le monde dit la violence du fleuve déchaîné,mais personne ne parle jamais de la violence des rives qui l'enserrent".

Bertold Brecht

Tout se déroule dans "La salle de classe" de Hicham Benohoud, professeur d'arts plastiques à Marrakech. Avant d'entrer en classe, l'enseignant a réalisé des croquis de situations qu'il imagine pouvoir mettre en scène dans son espace de travail.

Deux règles : il n'introduira pas d'éléments extérieurs, et ses élèves lui serviront de figurants sans qu'il les choisissent pour un aspect particulier de leur physique, ou pour aucune raison sentimentale. Il les prend au hasard, commençant par ceux qui sont les plus proches et, de son propre aveu, il "ne les regarde pas".

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Abedelghani Fennane

Le photographe,  son corps et sa société

La question du corps est récente dans la culture marocaine. Elle est née de la rencontre avec l’Europe. Née, peut-on dire, d’un besoin de réhabilitation : réhabilitation vis-à-vis de l’autre, en tant que colonisateur qui a assujetti ce corps, l’a marqué de sa violence physique ; réhabilitation vis-à-vis d’un discours colonialiste - qu’il s’agisse du discours ethnographique, de la sous-littérature exotique ou d’une iconographie d’obédience orientaliste (peinture, photographie, cinéma) - qui l’a stigmatisé par des clichés raciaux, racistes traduisant la différence comme une barbarie ; réhabilitation enfin du corps au sein de la culture autochtone dont la décadence a marqué, avec le temps, l’hygiène, le mode nutritionnel, le vestimentaire… lesquels conditionnent la constitution du corps et son apparat (Chebel, 1984 :  9-36).

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Daniel Sotiaux

Version soft

 

Le nouveau travail de Hicham Benohoud, intitulé "Version soft", probablement par dérision est, sans doute, le plus dur et le plus déroutant.

Pour la première fois, Hicham Benohoud, dans la partie biographique de son travail (il réalise aussi des installations purement géométriques) se montre. Jadis caché derrière l'appareil photo (cf. la série de clichés faite avec ses élèves et intitulée "La salle de classe" ou encore manipulant ses photographies avec acides et autres substances destructrices jusqu'à rendre les visages méconnaissables, Hicham Benohoud a franchi le Rubicon en se mettant en scène lui-même et en assumant complètement sa représentativité.

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Estève Julie

Un enfant, tête droite, nous regarde. Fixement. Au dessus de son corps flotte un rameau d’épines. Une petite fille se tient, debout, bras croisés, sur une chaise roulante, le visage caché par une vieille bouteille d’eau vide. Les lèvres tordues par un fil de nylon, deux gamins sont forcés de sourire, inéluctablement, tout comme cet homme qui serre les dents, tenaillé par un cri froid, silencieux. Un autre, impassible, reçoit, en plein nez, un tuyau de fer rouillé… Réalisées en 2007 à Azemmour et à Kinshasa lors de résidences d’artistes, ces deux séries photographiques de Hicham Benohoud, l’une en noir et blanc, l’autre en couleur, prennent le pouls d’une réalité sociale congestionnée par les violences, la pauvreté, les oppressions.

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Gaël Teicher

Chronique d’une disparition (1)

 

Hicham Benohoud, autoportrait de l’absence à venir et invasion de rongeurs dans un champ burlesque

« La question : "qui suis-je ?" n’a, pour moi, aucun sens. Elle n’a jamais effleuré mon esprit. Peut-être parce que l’identité qui n’est que le besoin légitime d’avoir un visage à exhiber n’est, en fait, que le désir, condamné à rester à l’état du désir, d’une affirmation de nous-même constamment différée ; c’est qu’il ne peut y avoir identité que dans la permanence et celle-ci est toute relative, étant passage d’une identité cernée à une autre, entrevue avant d’être, à son tour, circonscrite. »(Edmond Jabès, Entretiens avec Le Monde. 2)

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HICHAM BENOHOUD

L'ATTENTAT DU TEMOIN MUET

 

Réponse à tout, langue de bois coup de massue, le poids des mots gravés dans le marbre absolu, dans les mystiques livres ancestraux interprétés, conditionne le quotidien et trace l'indiscutable avenir.

Prison collective aux chants envoûtants, conformismes impératifs aux tenues de rigueur, rites aux diktats unificateurs, les paroles officielles de guides autoproclamés, de grands clercs installés et autres prédicateurs invétérés, s'écoutent et restent.

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UTOPIA , version Hicham Benohoud

Tzvetomira Tocheva

 

Des décennies auparavant, la philosophie de l’Occident accusait l’utopie d’avoir été un esprit maléfique hantant bien des dictatures….N’était-ce qu’une utopie que de croire en l’égalité entre les hommes, en l’esprit de l’homme résolument tourné vers le bien, la justice… ? Comme ils sont beaux les tenants de cette position utopique !  Comme il est dur le temps du désenchantement ! Néanmoins, l’homme est légitimement, presque sainement incorrigible de sa féroce soif d’utopie. Cent fois déçu, mille fois heurté par le rappel à l’ordre de la réalité, l’œil reste aux aguets, scrutant au loin l’espace possible d’une utopie. L’esprit en fait de même.

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Olivier Marboeuf, Corps perdu, corps retrouvé

Hicham Benohoud n’est pas un photographe.
Hicham Benohoud est accueilli par l’association Khiasma aux Lilas dans le cadre du programme de résidences photographiques " L’Afrique en Seine-
Saint-Denis ". Il photographie à cette occasion chez elles des personnes africaines ou d’origine africaine résidant dans la ville, en leur proposant un
ensemble de mises en scène.
La première séquence de cette résidence, à l’occasion des Nuits Blanches d’octobre, consistait en une présentation à l’espace Khiasma de la série La salle de classe, accompagnée de la vidéo 1,2,3,4 et du projet 36 poses réalisé à Périgueux (diaporama et
vidéo). La séquence n°3 proposera, en janvier 2005,
une exposition de la série de photographies réalisées
aux Lilas d’octobre à décembre 2004.

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